Graphique d'une tête qui explose de Scanners

La science de Cronenberg : Transcription 07

DAVID CRONENBERG : D’une certaine façon, en dépit des expériences de science-fiction, c’est plus réaliste en termes de ce que les scientifiques font. Je ne pense pas qu’un scientifique veuille admettre, ou probablement littéralement ne pense même pas qu’il avance vers la création de la perfection. Honnêtement, ça ressemble plus à un projet religieux qu’à un projet scientifique.

PIERS HANDLING : Mais ils essaient au moins d’améliorer.

DAVID CRONENBERG : Oui, ça vient de mon sentiment qu’une partie du fait d’être jeté dans la vie est que nous ne pouvons pas – c’est tellement submergeant que nous ne pouvons pas accepter quoi que ce soit comme tel. Nous pensons. C’est de là que vient le contrôle. Je crois que c’est la peur existentielle qui induit le contrôle, le désir de contrôler. Une partie du contrôle est de mettre la mort en échec. Toutes les religions ont une version de ça. Pour moi, c’est du délire et c’est une fiction. La religion pour moi est une fiction. Mais je la comprends parce qu’elle vient de l’incapacité à faire face au côté inévitable de la mort. Donc ça fait partie d’où vient le désir de contrôler. Vous ne trouvez pas ça chez les animaux. Ils contrôlent quelque chose d’autre, leur environnement peut-être, mais ils ne se font pas de souci sur la mort parce qu’ils ne pensent pas vraiment que ça va leur arriver. Alors que nous, nous savons que ça va arriver, et nous sentons le besoin désespéré de faire quelque chose à son sujet. Beaucoup des désirs d’amélioration des êtres humains ont à voir avec le corps, la santé et la longévité.