Graphique d'un lézard à deux têtes d'eXistenZ

Transcription : Alter ego : costumes

DENISE CRONENBERG : Au départ, en lisant le script, j'ai juste pensé, « Oh, hôpital », et je comptais simplement faire des blouses d’hôpital vertes ordinaires. Mais en avançant dans le tournage, David a dit, « Tu sais, je crois vraiment que cette scène a besoin de quelque chose en plus. » Et il a dit, « Je crois que ça devrait être rouge ». J’ai dit, « Quoi?! » (rires) Et ensuite il a dit, « Et ce devrait être quelque chose...Tu sais avec peut-être une connotation religieuse ou quelque chose. »

Et c’était quelque chose qui se développait pendant qu’on tournait. Alors j’en ai conçu le style. On n’arrivait pas à avoir assez de tissu rouge à ce moment-là, alors on en a acheté une tonne d’autre et on l’a teint pour avoir ce rouge vraiment profond. Et on a tout créé. C’est comme ça que ça s’est passé.

Les deux jeunes jumeaux, quand ils étaient jeunes, ils étaient...je les ai créés d’après David -ce que David portait dans les années 1950. D’après nos albums de photos. Les culottes, la veste, le tee-shirt. Et les lunettes qu’il portait quand il était très jeune. Donc c’était exactement ça. Juste une touche en plus. (rires) Jeremy est un acteur merveilleux. J’ai vraiment adoré travailler avec lui. On en a parlé. En lisant le scénario, j’ai décidé de ce à quoi ils pouvaient ressembler. L’un étant bien plus sérieux, portant des costumes, et l’autre étant plus décontracté. Et de comment ça pourrait marcher. J’en ai parlé à David. Puis je suis sortie et j’ai trouvé tous leurs costumes. Et ensuite...je ne me rappelle pas si je lui ai parlé au téléphone ou non, c’était il y a longtemps. Mais quand il est venu, nous avions un côté de la pièce pour l’un des jumeaux et l’autre côté pour l’autre. Et j’avais une penderie de costumes de chaque côté. Parfois on en prenait un d’un côté et on en mettait un - on travaillait de cette façon. Et il était content. Ça marchait vraiment bien. Aussi la façon dont il était coiffé...et aussi à cause de son jeu. Il était vraiment extraordinaire. En fait il devenait l’autre personnage.

J’ai fait un peu de recherche pour ça. Ils étaient basés sur de vrais jumeaux, à New York. Des gynécologues. Et donc je ne pouvais voir aucune recherche, mais même juste en en lisant un petit peu, ça m’a aidée.

JEREMY IRONS : Un film est une illusion; nous créons un monde qui n’existe pas. Et l’illusion ajoutée d’Alter ego a vraiment chatouillé mon imaginaire. Le fait qu’il y avait deux jumeaux identiques...tous deux joués par le même acteur. Et je crois que ça vous donne une énorme opportunité.

Je me rappelle rechercher comment arriver à faire ça. Et quand on le préparait, on tournait sur deux jours séparés, un pour chacun des gars. J’avais des loges différentes pour chacun. Et je crois que le deuxième jour, quand on a regardé les rushes du jour précédent- rappelez-vous à ce moment-là on n’avait pas de vidéo, sur laquelle on pouvait vérifier tout de suite -on était assis à les regarder et j’ai dit à David et à Peter Sus, « C’est sans espoir. » J’ai dit, « N’importe qui peut voir la différence entre les deux. On ne les confondra jamais. Ils sont juste – vous savez... »

Alors j’ai dû trouver un moyen de jouer deux personnes- une personne jouant deux personnes -deux personnes qui pourraient être prises l'une pour l'autre. Mais qui étaient différentes. Et j’ai trouvé un interrupteur interne, et j’ai mélangé tous leurs vêtements, et j’étais capable de passer intérieurement de l’un à l’autre. Ensuite, quand je devais jouer l’un d’eux prétendant être l’autre, je reproduisais les gestuelles externes que je connaissais sans changer l’interrupteur interne. Par ça j’espérais que le public serait capable de voir.

Et ce processus...Je pense que c’est vraiment intéressant, et je suppose que c’est un travail qu’en tant qu’acteur, on n’a pas souvent l’occasion de faire. C’est vraiment la raison pour laquelle je suis fier de ce que Peter, David et moi avons réussi à faire.