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Chapitre 1
Qui est Mon Créateur?

Les sciences et la littérature ont toujours passionné David Cronenberg. De ses premiers courts-métrages à petit budget, Transfer et From the Drain, à ses moyens-métrages expérimentaux, Stereo et Crimes of the Future, et à ses premières œuvres - Frissons, Rage, Fast Company, La clinique de la terreur et Scanners - il démontre un vif intérêt pour les médecins et les scientifiques qui réalisent des expériences qui tournent mal.

Cependant, les protagonistes des films ne sont pas ces médecins et scientifiques, mais leurs victimes : des sujets qui doivent accepter la perte croissante

du contrôle de leur corps et de leurs impulsions. À travers ces personnages, Cronenberg pose des questions importantes sur qui nous sommes et quelle est notre propre perception de nous-mêmes. Une recherche scientifique de pointe promet de nouvelles façons libératrices d’être et d’agir, mais aussi confine et détruit. Les premiers films sont caractérisés par le sang et les viscères : c’est le chaos apporté par ces médecins et scientifiques, beaucoup d’entre eux étant le personnage archétype du père. Les films s’achèvent tragiquement, dans la dévastation ou, au mieux, de façon ambigüe.

L
 
Films
Cliquez sur un film pour en savoir plus
Image de fond, chapitre 1
 
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David Cronenberg en tournage pour "From the Drain" David Cronenberg en tournage pour "From the Drain"
Courts-métrages (Transfer, From the Drain)
1967

Diplômé en lettres anglaises à l’université de Toronto (après avoir commencé par étudier les sciences), David Cronenberg se tourne rapidement vers le milieu du cinéma d’avant-garde, participant à la création du Canadian Filmmakers Distribution Centre (CFMDC) en 1967, tout en réalisant parallèlement deux courts-métrages en pellicule 16 mm : Transfer (1966) et From the Drain (1967). Le premier raconte l’histoire d’un psychiatre et de son patient, le second est une discussion entre deux vétérans, qui se termine par la mort de l’un par une créature rampante remontée dans la canalisation de la baignoire. Bien qu’à très petit budget, ces films durs montrent déjà ses genres de prédilection : la science-fiction, l’horreur, l’absurde, la paranoïa, les complots et l’altération de l’état mental.
 
Avec l'autorisation de David Cronenberg

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Ronald Mlodzik dans le rôle du Dr. Luther Stringfellow dans une scène de Stereo. Ronald Mlodzik dans le rôle du Dr. Luther Stringfellow dans une scène de Stereo.
Stereo
1969

Premier moyen-métrage de Cronenberg. Le film (en noir et blanc) joue sur la non-synchronisation du son. Dans l’Institut canadien de la recherche érotique (lieu fictif), sept jeunes gens acceptent d’être les cobayes pour des expérimentations dirigées par le parapsychologue Luther Stringfellow. Une fois leur capacité à parler modifiée chirurgicalement et leur potentiel télépathique augmenté par une forme de chirurgie du cerveau, les sujets sont isolés dans un bâtiment moderne et austère où les chercheurs observent leurs comportements sur des moniteurs; plus tard, des aphrodisiaques et d’autres drogues sont ajoutés à la nourriture des volontaires. Ce film, réalisé sur le campus de l’Université de Toronto, à Scarborough, et le suivant, Crimes of the Future, baignent dans une architecture locale dystopique et agressive, explorant des thèmes qui trouveront leur pleine expression dans d’autres films : le sexe et la sexualité, la biotechnologie et le post-humanisme.
 
Avec l'autorisation de David Cronenberg

Un enfant de cinq ans est retenu en captivité dans Crimes of the Future. Un enfant de cinq ans est retenu en captivité dans Crimes of the Future. Un enfant de cinq ans est retenu en captivité dans Crimes of the Future.
Crimes of the Future
1970

Proche en thème et en ton de Stereo, Crimes of the Future est un film à petit budget, sans synchronisation du son. Ronald Mlodzik apparaît de nouveau dans le rôle d’un scientifique, ici Adrian Tripod, directeur de la clinique dermatologique, La Maison de la Peau. Tripod est à la recherche de son mentor, Antoine Rouge, qui a disparu après qu’une épidémie provoquée par des cosmétiques ait causé la mort de toutes les femmes sexuellement matures, et ait déclenché le développement de mystérieux organes sur le corps des hommes qui ont survécu. Le film met en évidence le personnage du scientifique charismatique anti-héro joué par Mlodzik – personnage que l’on retrouve tout au long de l’œuvre de Cronenberg. À l’instar de Stereo, son cadre est l’architecture agressive de l’Université de Toronto, ici Massey College.
 
Avec l'autorisation de David Cronenberg

Rose (Marilyn Chambers) est exposée à l'horreur dans une scène de Rage. Rose (Marilyn Chambers) est exposée à l'horreur dans une scène de Rage.
Rage
1977

Également produit par Cinepix, Rage suit Frissons et fait écho à l’exploration de la contagion et de la sexualité de son prédécesseur. Invitant la controverse, Cronenberg choisit une vedette du cinéma pornographique, Marilyn Chambers, pour le rôle de Rose, une motarde québécoise. Gravement blessée à la suite d’un accident de moto, elle subit un traitement expérimental à la clinique Keloid, spécialisée en chirurgie esthétique. Sortie du coma, Rose découvre qu’elle a une soif de sang inextinguible – qu’elle peut satisfaire temporairement par l’intermédiaire d’un dard phallique placé sous son aisselle. Elle l’utilise pour s’alimenter directement sur ses victimes, qui après cela manifestent les symptômes de la rage. L’épidémie se répand dans l’arrière-pays, puis atteint finalement Montréal où, en réponse, la loi martiale est décrétée. Rage exprime une part de l’imagerie la plus âpre de Cronenberg : le Père Noël d’un grand magasin est abattu; à la fin du film, le corps de Rose est jeté à l’arrière d’un camion-poubelle. À l’instar de Frissons, l’horreur de Rage est en partie allégorique, un commentaire sur la crise d’octobre 1970, quand le Premier ministre Pierre Trudeau a institué la Loi sur les mesures de guerre.
 
Photographe: Joel Sussman
Avec l'autorisation de Somerville House

Une drôle de voiture prend feu pendant une course de dragsters dans Fast Company. Une drôle de voiture prend feu pendant une course de dragsters dans Fast Company.
Fast Company
1979

Fast Company est le premier film de Cronenberg à bénéficier des nouvelles lois du régime d’abri fiscal canadien. C’est un film de genre de série B – l’histoire classique des bons et des méchants sur fond de course de dragsters – coécrit par Cronenberg, qui sera important de nombreuses façons pour la suite de son œuvre. Par exemple, c’est pendant ce tournage, en Alberta, qu’il rencontrera la plupart des gens avec lesquels il travaillera plus tard : la conceptrice artistique Carol Spier, le cinéaste Mark Irwin, le preneur de son Bryan Day et l’éditeur Ron Sanders. Fast Company atteste également de l’amour de Cronenberg pour les voitures, personnellement (il est fan de Formule Un) et conceptuellement. Il fait suite à Rage et au court-métrage The Italian Machine, deux films autour de motards, et il présage de son examen méticuleux du fétichisme automobile, Crash et Red Cars, un scénario non réalisé transformé en 2005 en un livre d’art par l’éditeur italien Volumina.
 
Photographe: Rick Porter
Avec l'autorisation de Chesler / Perlmutter Productions

Les rejetons de Nola Carveth (Samantha Eggar) attaquent une victime dans La clinique de la terreur. Les rejetons de Nola Carveth (Samantha Eggar) attaquent une victime dans La clinique de la terreur. Les rejetons de Nola Carveth (Samantha Eggar) attaquent une victime dans La clinique de la terreur.
La clinique de la terreur
1979

La clinique de la terreur est un film d’horreur freudien et un véritable effort personnel pour Cronenberg. À l’instar de Fast Company, La clinique de la terreur bénéficie du régime d’abri fiscal. C’est le film le plus sophistiqué et le plus cher du réalisateur à ce jour. Il obtiendra cinq nominations pour le Prix Génie et il marque la première collaboration de Cronenberg avec le compositeur Howard Shore, avec lequel il établira plus tard une relation de travail prolifique. La clinique de la terreur raconte l’histoire de Nola (Samantha Eggar), victime de violence dans son enfance, qui se fait soigner par le Dr. Raglan (Oliver Reed), psychiatre sectaire qui enseigne à ses patients d’extérioriser leur douleur et leur colère à travers des manifestations physiques. L’ex-mari de Nola, Frank (Art Hindle) lutte pour sauver leur fille Candice (Cindy Hinds) qui, découvre-t-il, est sous le joug des manifestations de la rage réprimée de Nola – une progéniture d’enfants sans sexe et meurtriers à qui Nola donne naissance sur la surface de son corps. Cronenberg décrit La clinique de la terreur comme son Kramer contre Kramer : il s’est inspiré de sa propre expérience d’un divorce difficile, à cause de l’aliénation de sa femme par une secte, et de sa lutte pour avoir la garde de leur fille.
 
Photographe: Rick Porter
Avec l'autorisation de Laurem Productions Inc.

Darryl Revok (Michael Ironside) s'engage dans une bataille de pouvoirs extrasensoriels dans une scène point d'orgue de Scanners. Darryl Revok (Michael Ironside) s'engage dans une bataille de pouvoirs extrasensoriels dans une scène point d'orgue de Scanners.
Scanners
1981

Scanners est à ce jour le plus grand succès commercial de Cronenberg. Stephen Lack joue Cameron Vale, un jeune médium de 35 ans recruté par l’agence de recherche ConSec, l’un des quelques centaines de « scanners » au monde – des médiums aux pouvoirs télépathiques remarquables. Le médecin de ConSec, Paul Ruth (Patrick McGoohan) demande à Vale de mettre fin aux activités de Darryl Revok (Michael Ironside), un scanner qui utilise ses pouvoirs pour faire le mal. Dans la scène la plus célèbre du film, Revok fait exploser la tête d’un agent de ConSec – une allégorie à la virtuosité des effets de maquillage créés par Chris Walas, qui travaillera plus tard avec Cronenberg sur La mouche et Le festin nu. À l’instar de La clinique de la terreur, Scanners explore la dualité du mental humain, où le conscient et l’inconscient sont en lutte constante. Il traite également de la marginalisation des gens dotés de caractéristiques physiques ou psychologiques extraordinaires.
 
Photographe: Denis Fugère
Avec l'autorisation de Laurem Productions Inc.

Max Renn (James Woods) se connecte à Nicki Brand (Deborah Harry) dans Videodrome. Max Renn (James Woods) se connecte à Nicki Brand (Deborah Harry) dans Videodrome.
Videodrome
1983

Dernier des films de Cronenberg à bénéficier de l’abri fiscal, Videodrome est ambitieusement conceptuel - prenant de plus en plus place dans la psyché de son protagoniste Max Renn (James Woods). Renn, patron d’une petite station de télévision par câble à Toronto, capte un signal d’une station de Pittsburgh, appelée Videodrome, qui diffuse du porno sadomasochiste. Alors que Renn s’apprête à rencontrer les personnes impliquées dans Videodrome, dont Nicki Brand (Deborah Harry), il se retrouve embringué dans une conspiration dystopique dans laquelle des intérêts commerciaux s’opposent à des théoriciens médiatiques renégats pour le contrôle de son mental et du mental de tout le monde. L’influence du philosophe des médias Marshall McLuhan, que Cronenberg avait rencontré lorsqu’il était étudiant à l’Université de Toronto, est clairement visible dans Videodrome, avec le personnage McLuhan-esque de Brian O’Blivion (Jack Creley). Le thème cronenbergien de la fusion de l’homme et de la machine est également présent, comme dans la célèbre scène où Renn met la main dans une fente de son abdomen. Videodrome marque la première collaboration de Cronenberg avec sa sœur, Denise Cronenberg, ici assistante aux costumes, puis costumière sur tous ses films suivants.
 
Photographe: Rick Porter
Avec l'autorisation de Universal Studios Licensing LLC

 
 
 
 
 
 
 
 
 
La maladie est l’amour entre deux types de créatures extraterrestres...

Premier long-métrage de David Cronenberg, Frissons est partiellement financé par la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne (Canadian Film Development Corporation / CFDC)) et est produit par Ivan Reitman et Montreal’s Cinepix. L’action se déroule dans une tour d’habitation chic à Montréal, où un chercheur scientifique, Emil Hobbes (Fred Doederlein), injecte un parasite à sa maîtresse adolescente, qui, sous son influence aphrodisiaque, le répand dans tout l’immeuble. Le médecin qui habite dans la tour, Roger St. Luc (Paul Hampton), son infirmière Forsythe (Lynn Lowry) et l’assistant de Hobbes, Rollo Linsky (Joe Silver), luttent contre la propagation du parasite, mais finissent par contracter l’infection eux aussi.

Frissons donne le ton de la filmographie de Cronenberg, démontrant son intérêt pour l’épidémiologie et commentant sur la révolution sexuelle.

Le film fait l’objet d’une controverse au Canada; le journaliste Robert Fulford (qui écrit sous le nom de plume de « Marshall Delaney ») écrit dans le magazine Saturday Night qu’il est « pervers, dégoûtant et répugnant - un gaspillage de l’argent du contribuable ». Le débat atteindra la Chambre des communes. Au final, le film génère près de 5 millions de dollars à l’échelle internationale, couvrant deux fois ses frais, et s’avère le plus grand succès commercial financé par le CFDC. Shivers sets the tone for Cronenberg's filmography, continuing his interest in epidemiology and parodying the sexual revolution, problematically acting as a HIV/AIDS allegory before the fact.

P
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Nicholas Tudor (Allan Kolman) est examiné par le Dr. Rollo Linsky (Joe Silver) après avoir été infecté par un parasite dans Frissons. Nicholas Tudor (Allan Kolman) est examiné par le Dr. Rollo Linsky (Joe Silver) après avoir été infecté par un parasite dans Frissons.
Frissons
1975

Allan Kolman en Nicholas Tudor et Joe Silver en Dr. Rollo Linsky
 
Photographe: Attila Dory

David Cronenberg discute une scène avec Fred Doederlin, alias Dr. Emil Hobbes, sur le tournage de Frissons. David Cronenberg discute une scène avec Fred Doederlin, alias Dr. Emil Hobbes, sur le tournage de Frissons.
Frissons
1975

David Cronenberg dirige Fred Doederlein, qui joue Dr. Emil Hobbes, et Cathy Graham, qui joue Annabelle Brown
 
Photographe: Attila Dory

Dr. Emil Hobbes (Fred Doederlin) suivant les instructions de David Cronenberg dans une scène de Frissons. Dr. Emil Hobbes (Fred Doederlin) suivant les instructions de David Cronenberg dans une scène de Frissons.
Frissons
1975

Fred Doederlein en Dr. Emil Hobbes et Cathy Graham en Annabelle Brown
 
Photographe: Attila Dory

David Cronenberg regarde Alan Kolman, alias Nicholas Tudor, avant une prise de Frissons. David Cronenberg regarde Alan Kolman, alias Nicholas Tudor, avant une prise de Frissons.
Frissons
1975

Le réalisateur David Cronenberg avec Allan Kolman, qui joue Nicholas Tudor
 
Photographe: Attila Dory

David Cronenberg démontre les actions du Dr. Emil Hobbes sur le tournage de Frissons. David Cronenberg démontre les actions du Dr. Emil Hobbes sur le tournage de Frissons.
Frissons
1975

David Cronenberg dirige Cathy Graham, qui joue Annabelle Brown
 
Photographe: Attila Dory

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Davis Cronenberg CBC Interview
2011

PETER GZOWSKI : Êtes-vous là pour créer de l’art ou êtes-vous là pour faire de l’argent rapide? Parce qu’une des-
 
DAVID CRONENBERG : Rapide?!
 
PETER GZOWSKI : Ouais
 
DAVID CRONENBERG : Il m’a fallu 4 ans pour faire Frissons. Et j’ai fait 13 000 $ avec. Ce n’est pas rapide et ce n’est pas beaucoup d’argent non plus.
 
PETER GZOWSKI : Mais vos films font de l’argent.
 
DAVID CRONENBERG : Oui, ce film a fait de l’argent quand il a été enfin fini et si vous considérez le temps qu’il m’a fallu pour le faire, ça fait probablement une moyenne de 9 000 $ par an pour faire ce film. Et l’une des choses qui tracassent la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne est que vous leur empruntez de l’argent.
 
PETER GZOWSKI : Vous faites des films effroyables, ou ainsi appelés par les critiques, vous faites quelques dollars et remboursez immédiatement la SDICC et ils ne veulent pas admettre qu’ils vous ont financé en tant que réalisateur canadien.
 
DAVID CRONENBERG : D’une certaine façon, c’est vrai parce que Frissons a causé pas mal d’embarras dans les chambres du Parlement. Les gens traînaient autour du bureau du secrétaire d’État en marmonnant, « Qu’est-ce qu’on va faire de Cronenberg? ». Comme s’ils n’avaient pas d’autres soucis. Le problème ici était que cette Société de développement du film est un organisme gouvernemental. Les gens qui y travaillent sont des fonctionnaires. Ils doivent répondre à deux maîtres; l'un est les affaires- si les films ne font pas d’argent, ils disent, « Pourquoi est-ce que ce film perd de l’argent? »
 
Si le film fait de l’argent mais est du genre film à sensation, ce qu’il doit vraiment être pour faire de l’argent, alors les questions sont soulevées dans les chambres du Parlement. « Pourquoi l’argent des contribuables va-t-il dans ce film obscène, pervers? » Et ils disent, « Bon, il a fait de l’argent en à peu près 3 semaines, donc l’argent a été récupéré. »
 
Copyright & Credit: Courtesy of CBC TV Archive Sales

Chapitre 2
Qui suis-je?

Alors que Cronenberg s’établit comme un réalisateur de réputation internationale dans les années 1980, les personnages de ses films ont trouvé un nouveau sens d’individualité. Commençant avec Max Renn dans Videodrome et continuant dans les années 1990 dans des films comme M. Butterfly, Crash et eXistenZ, le cinéma de Cronenberg reste concerné par des expériences renégates impliquant la science, la technologie, les drogues, l’art et le sexe.

Mais maintenant, ses protagonistes prennent sur eux la responsabilité de ces expériences. Les résultats sont tout autant des échecs que dans les films précédents, mais les questions d’identité sont explorées avec vigueur, sans peur ou répulsion. De Seth Brundle dans La mouche aux jumeaux dans Alter ego et à Bill Lee dans Le festin nu, il n’y a plus de distinction entre l’expérimentateur et le sujet. Les deux se fondent en une série d’essais existentiels osés. Le pouvoir de choix, bien que dangereux et ultimement futile, appartient aux protagonistes de Cronenberg.

A
Films
Choisir un film pour en savoir plus
Crash
1996
Image de fond, chapitre 2
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Greg Stillson (Martin Sheen) fait campagne pour le Sénat américain dans une adaptation de La zone neutre. Greg Stillson (Martin Sheen) fait campagne pour le Sénat américain dans une adaptation de La zone neutre.
La zone neutre
1983

Marquant le début d’un nouveau chapitre dans la carrière de Cronenberg, La zone neutre est sa première grande adaptation – ici, d’un roman de Stephen King. Poursuivant un thème de Scanners, La zone neutre met en vedette Christopher Walken dans une performance troublante et nuancée, dans le rôle de Johnny Smith, un instituteur victime d’un accident de la route et qui se réveille d’un coma de plusieurs années avec des pouvoirs de clairvoyance – qu’il mettra finalement au service de la police. L’isolement causé par son don et ses années perdues dans le coma, font de Smith un reclus. Il est finalement engagé comme tuteur pour le fils introverti du millionnaire Roger Stuart (Anthony Zerbe), associé à un candidat sénateur conservateur (Martin Sheen), dont Smith voit la victoire éminente comme le début d’un Armageddon. La zone neutre marque la poursuite de la collaboration de Cronenberg, après Fast Company, avec la conceptrice artistique Carol Spier.
 
Photographe: Rick Porter
THE DEAD ZONE © 1983 par Paramount Pictures Corporation. Tous droits réservés.

Seth Brundle (Jeff Goldblum) en transition de devenir le Brundlefly. Seth Brundle (Jeff Goldblum) en transition de devenir le Brundlefly.
La mouche
1986

Comme La zone neutre, La mouche est une autre adaptation – dans ce cas d’un film de série B de Vincent Prince de 1958. Succès commercial, il remporte l’Oscar du meilleur maquillage pour Chris Walas et Stephan Dupuis. Cronenberg revient à la science fiction et à l’horreur avec La mouche qui met en vedette Jeff Goldblum dans le rôle de Seth Brundle, un scientifique très doué qui met au point un engin de téléportation, dont le développement est suivi de près par la journaliste Veronica Quaife (Geena Davis). Quaife et Brundle deviennent amants. Brundle décide de se téléporter lui-même, mais il ne s’aperçoit pas qu’une mouche est entrée dans son pod de transfert. Après une série de métamorphoses de plus en plus monstrueuses, il finit par réaliser qu’il a été fusionné avec la mouche. La mouche est l’aboutissement de l’exploration de l’archétype scientifique de Cronenberg. Comme La clinique de la terreur, il a une dimension autobiographique : le père du réalisateur était mourant à ce moment-là, et son attention aux modes de détérioration physique était aiguë.
 
Photographe: Attila Dory
LA MOUCHE (1986) paraît ici avec l'authorisation de Twentieth Century Fox. Tous droits réservés.

Bill Lee (Peter Weller) et un mugwump dans une scène de bar de Le festin nu. Bill Lee (Peter Weller) et un mugwump dans une scène de bar de Le festin nu. Bill Lee (Peter Weller) et un mugwump dans une scène de bar de Le festin nu.
Le festin nu
1991

Les thèmes de l’écrivain et artiste William S. Burroughs ont profondément affecté Cronenberg tout au long de sa carrière, au point où il réalise cette libre adaptation du plus célèbre roman réputé inadaptable de Burroughs. Peter Weller incarne Bill Lee, un exterminateur branché qui fait des expériences avec sa femme Joan (Judy Davis) à qui il injecte de la poudre à vermine. Alors qu’il veut réitérer les exploits de Guillaume Tell, Lee tue accidentellement Joan; il se réfugie alors dans l’Interzone, une version hallucinatoire de Tanger. Le film de Cronenberg rend un hommage irrévérencieux à Burroughs, donnant vie à son imagerie scatologique : cafards personnifiés, créatures sodomisantes « Mugwumps » et même le célèbre trou-de-cul parlant du roman. Les concepts de dépendance et de mondes à part, fortement présents dans Le festin nu, reviennent ici, ainsi que son intérêt en un humour grotesque et en la métamorphose déjà observés dans La mouche.
 
Photographe: Attila Dory
© Recorded Picture Company, 1991. LE FESTIN NU paraît ici avec l'autorisation de Twentieth Century Fox et Entertainment One. Tous droits réservés.

René Gallimard (Jeremy Irons) se languit de la mystérieuse chanteuse d'opéra, Song Liling (John Lone), dans M. Butterfly. René Gallimard (Jeremy Irons) se languit de la mystérieuse chanteuse d'opéra, Song Liling (John Lone), dans M. Butterfly.
M. Butterfly
1993

M. Butterfly est basé sur la pièce de David Henry Hwang, qui écrira lui-même le scénario pour cette adaptation. À l’instar d’Alter ego, il s’inspire librement d’une histoire vraie, et met également en scène Jeremy Irons dans le rôle de René Gallimard, un comptable à l’ambassade de France à Beijing dans les années 1960, qui tombe amoureux de la diva Song Liling (John Lone). Liling est un homme biologique, mais il réussit à cacher ce fait à Gallimard pendant de nombreuses années, commençant une idylle et agissant comme agent double pour le régime maoïste, auquel il fournit les renseignements glanés auprès de Gallimard, sur les mouvements des troupes américaines au Vietnam. Bien que ce soit un drame d’époque, M. Butterfly est une vitrine pour les préoccupations de cette étape dans la carrière de Cronenberg : le moi divisé, les limites de la volonté et de l’autonomie propres, et la tentative de contrôler et expérimenter avec son propre corps.
 
Photographe: Takashi Seida
Autorisé par: Warner Bros. Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Allegra Geller (Jennifer Jason Leigh) et Ted Pikul (Jude Law) se relient à un pod pour jouer eXistenZ. Allegra Geller (Jennifer Jason Leigh) et Ted Pikul (Jude Law) se relient à un pod pour jouer eXistenZ.
eXistenZ
1999

Film de réalité virtuelle qui montre la prédilection de Cronenberg pour les jeux et les joueurs, eXistenZ met en vedette Jennifer Jason Leigh dans le rôle d’Allegra Geller, créatrice d’un jeu auquel les joueurs se connectent en branchant un pod de style organe dans leur bioport, un trou percé à la base de leur dos. Après qu’un publiciste (Jude Law) sauve Geller d’une tentative d’assassinat lors d’une démonstration du jeu, ils jouent à eXistenZ pour s’assurer que la copie d’Allegra n’a pas été endommagée. Ils tombent alors sur un complot d’entreprise complexe qui menace leur sécurité, brouillant la vie réelle et la vie virtuelle. eXistenZ est le premier scénario original de Cronenberg depuis Videodrome et, à de nombreux égards, élabore sur ces thèmes, agissant comme une considération prémonitoire des ramifications de la biotechnologie. (eXistenZ est sorti la même année que La matrice, dont le concept de mondes parallèles est tout à fait cronenbergien.)
 
Photographe: Ava V. Gerlitz
images/timeline/ paraissent ici avec l'autorisation de Entertainment One

 
 
 
 
 
 
 
 
Laissez-moi me présenter.
Je suis l’un des jumeaux Mantle.

Après deux films réalisés dans le système hollywoodien, Alter ego – qui ouvre le Festival international du film de Toronto en 1988 – est la preuve du retour de Cronenberg à un matériau plus idiosyncratique. Coécrit avec Norman Snider, le film s’inspire librement de l’histoire vraie de deux médecins jumeaux, Steven et Cyril Marcus, que l’on trouva morts dans leur appartement de Manhattan, d’une overdose de barbituriques.

Jeremy Irons joue le rôle des jumeaux, les gynécologues Elliot et Beverly Mantle, le premier confiant et physique, le second réservé et cérébral. Lorsqu’ils tombent amoureux de l’actrice Claire (Geneviève Bujold), leur relation compartimentée et symbiotique se dégrade. C’est le début d’une descente vers la folie.

Alter ego est l’exploration la plus intime du thème des doubles ou jumeaux de Cronenberg, et est clé à son intérêt des mondes parallèles – avec les jumeaux qui, dans leur folie croissante, créent un espace décadent loin de la réalité. Alter ego marque la première collaboration de Cronenberg avec le cinéaste Peter Suschitzky, avec lequel il travaillera sur d’autres films.

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Cary (Heidi von Palleske) et les jumeaux Mantle infortunés (Jeremy Irons) partagent une étreinte dans Alter ego. Cary (Heidi von Palleske) et les jumeaux Mantle infortunés (Jeremy Irons) partagent une étreinte dans Alter ego.
Alter ego
1988

Eliott Mantle (Jeremy Irons) tente son frère jumeau Beverly en partageant une étreinte avec la séduisante Cary (Heidi von Palleske)
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

Les jeunes jumeaux Mantle (Nicholas et Jonathan Haley) font une expérience scientifique dans Alter ego. Les jeunes jumeaux Mantle (Nicholas et Jonathan Haley) font une expérience scientifique dans Alter ego. Les jeunes jumeaux Mantle (Nicholas et Jonathan Haley) font une expérience scientifique dans Alter ego.
Alter ego
1988

Nicholas et Jonathan Haley en jeunes jumeaux Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

David Cronenberg dirige Geneviève Bujold sur le tournage de Alter ego. David Cronenberg dirige Geneviève Bujold sur le tournage de Alter ego.
Alter ego
1988

Le réalisateur David Cronenberg discute avec Geneviève Bujold, qui joue Claire Niveau
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

Claire Niveau (Geneviève Bujold) se prépare pour être examinée par son gynécologue (Jeremy Irons) dans une scène d'Alter ego. Claire Niveau (Geneviève Bujold) se prépare pour être examinée par son gynécologue (Jeremy Irons) dans une scène d'Alter ego.
Alter ego
1988

Geneviève Bujold en Claire Niveau
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

Beverly Mantle (Jeremy Irons) fait l'amour à Claire Niveau (Geneviève Bujold) ligotée, dans Alter ego. Beverly Mantle (Jeremy Irons) fait l'amour à Claire Niveau (Geneviève Bujold) ligotée, dans Alter ego.
Alter ego
1988

Geneviève Bujold (Claire Niveau) et Jeremy Irons en Beverly Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

Les amants Claire Niveau (Geneviève Bujold) et Beverly Mantle (Jeremy Irons) sont enlacés dans une scène d'Alter ego. Les amants Claire Niveau (Geneviève Bujold) et Beverly Mantle (Jeremy Irons) sont enlacés dans une scène d'Alter ego.
Alter ego
1988

Geneviève Bujold (Claire Niveau) et Jeremy Irons en Beverly Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

Elliot Mantle (Jeremy Irons) s'accroche à son frère jumeau dans une scène d'Alter ego. Elliot Mantle (Jeremy Irons) s'accroche à son frère jumeau dans une scène d'Alter ego.
Alter ego
1988

Jeremy Irons en jumeaux Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

La folie des jumeaux Mantle (Jeremy Irons) aboutit à une horreur chaotique dans une scène d'Alter ego. La folie des jumeaux Mantle (Jeremy Irons) aboutit à une horreur chaotique dans une scène d'Alter ego.
Alter ego
1988

Jeremy Irons en jumeaux Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

David Cronenberg dirige Jeremy Irons sur le tournage d'Alter ego. David Cronenberg dirige Jeremy Irons sur le tournage d'Alter ego.
Alter ego
1988

Sur un site à Toronto, le réalisateur David Cronenberg discute avec Jeremy Irons, qui joue les jumeaux Mantle
 
Photographe: Attila Dory
Avec l'autorisation de Morgan Creek

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Alter ego Chronologie
2013

JEREMY IRONS
 
Non, mais je dois dire que je suis toujours attiré par les gens qui vivent des vies bien différentes de la mienne. Les gens qui, si je puis dire, vivent à la limite de mon expérience. Bien sûr, je n’irais jamais jusque-là mais ce serait très intéressant à explorer. Je pense que c’est l’une des fonctions du drame; ça se fait depuis les Grecs. Vous savez, racontons une histoire que, espérons, aucun de nous n’aura à expérimenter dans la vie; mais voyons ce qui arrive à ces gens; comment ça fait d’être ces gens. Comment on arrive à une situation où ces deux-parce que, rappelez-vous, les jumeaux Mantle étaient des gynécologues new-yorkais très connus. C’est sur eux que l’histoire était basée. Je crois qu’on les appelait les jumeaux Marcus à New York. Et comment on en arrive là? Ça, pour moi, est vraiment intéressant. Et, je pense, la raison-est que c’est intéressant, je repense aux films que j’ai faits et aux sujets et je me dis, « Ouah! ils sont tous un peu à la limite, n‘est-ce pas? » Mais c’est intéressant. C’est comme aller explorer; aller en territoire inconnu. Comment c’est d’être à l’intérieur de cette personne? Sincèrement. Sans juger. Ce serait une aventure vraiment intéressante. Donc je suis – attiré par ce genre de sujets.
 
Je pense que ce que tout artiste essaie de faire est de- qu’il soit peintre ou acteur ou écrivain, est d’aller au cœur de l’existence. Pour creuser, et creuser ces zones que nous partageons tous. Qui n’ont rien à voir avec les distractions de la vie et du monde autour de nous. Mais pour avoir une sorte de pureté vulnérable d’émotion.
 
Et David est- je me rappelle- je me rappelle dans Alter ego, une scène où Beverly devait s'effondrer émotionnellement. Et on était en studio, et on l’a faite deux fois et j'étais loin d’être où j’étais censé être. Et j’ai dit à David- et ça vous dit la sorte de relation qu’on a avec un grand réalisateur- rare- J’ai dit, « David, hum, ça t’ennuierait d’envoyer tout le monde prendre une tasse de thé? » Il a dit, « Du tout. » Il a dit, « Appelle-moi quand tu voudras la faire. » Donc tout le monde est parti au buffet, qui avait du café et des trucs et j’ai passé environ- je ne sais pas, pas longtemps- 15 minutes, peut-être 10 minutes à trouver où je devais aller pour la scène, puis je l’ai faite. J’ai dit à l’assistant : « Allez, on recommence. » Les gens sont revenus, j’ai fait la scène en une prise.
 
Vous savez, c’est de ça dont il s’agit. Le film est une collaboration et je crois que c’est le mot que j’utiliserais le plus quant à mon travail avec David; ça ressemble à une collaboration. Et travailler avec les meilleurs réalisateurs ressemble toujours à une collaboration. Ce ne l’est peut-être pas. Peut-être qu’ils vous manipulent à cœur joie, mais vous ne le savez pas. Ça ressemble à une collaboration; c’est là où je suis le plus heureux.
 
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Gagnant d’un Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes pour son audace, Crash est le film le plus controversé de Cronenberg; il sera au centre du débat sur la violence à l’écran et de la censure à la fin des années 1990.

À maints égards, c’est le second volet de Le festin nu – une adaptation littéraire d’un roman de J.G. Ballard, l’une des grandes influences de Cronenberg. James Spader joue le rôle de James Ballard, un producteur de cinéma qui a un accident de voiture. La femme du conducteur de l’autre voiture, tué sur le coup, lui fait découvrir une secte qui fétichise les accidents de voiture, surtout ceux de célébrités. Une série de scénarios tortueux s’ensuivent, menant à un point d’orgue surprenant.

Les œuvres précédentes de Cronenberg résonnent dans Crash : l’accident de moto dans Rage; la course de dragsters de Fast Company; l’accident de voiture inducteur de coma de La zone neutre. Les thèmes de fétichisme, paranoïa, et du mélange du corps et de la machine prévalent, du pur Ballardian, puis Cronenbergien. Mais Crash est également un renversement pour Cronenberg. À la différence de films comme La mouche, Crash dépeint les changements du corps comme érotiques - créant une sexualité plutôt que le détruisant.

G
J’ai toujours voulu conduire une voiture accidentée.
 
 
Galerie
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James Ballard (James Spader) réconforte sa femme Catherine (Deborah Kara Unger) sur le bord d'une autoroute dans Crash. James Ballard (James Spader) réconforte sa femme Catherine (Deborah Kara Unger) sur le bord d'une autoroute dans Crash.
Crash
1996

James Spader incarnant le personnage James Ballard et Deborah Kara Unger incarnant sa femme Catherine
 
Photographe: Michael Gibson
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

James Ballard (James Spader) est examiné par Vaughan (Elias Koteas) après son accident de voiture traumatisant. James Ballard (James Spader) est examiné par Vaughan (Elias Koteas) après son accident de voiture traumatisant.
Crash
1996

Vaughan (Elias Koteas) inspecte les attelles jambières en acier de James Ballard (James Spader), victime d'un accident de voiture
 
Photographe: Michael Gibson
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

David Cronenberg instruisant James Spader sur le tournage de Crash. David Cronenberg instruisant James Spader sur le tournage de Crash.
Crash
1996

Le réalisateur David Cronenberg discute sur le site avec James Spader, qui joue James Ballard
 
Photographe: Michael Gibson
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Vaughan (Elias Koteas) documente un accident de voiture fatal dans une scène de Crash. Vaughan (Elias Koteas) documente un accident de voiture fatal dans une scène de Crash. Vaughan (Elias Koteas) documente un accident de voiture fatal dans une scène de Crash.
Crash
1996

Vaughan (Elias Koteas) photographie la scène d'un accident de voiture
 
Photographe: Jonathan Wenk
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

David Cronenberg derrière la caméra sur le tournage de Crash. David Cronenberg derrière la caméra sur le tournage de Crash.
Crash
1996

Le réalisateur David Cronenberg derrière la caméra
 
Photographe: Jonathan Wenk
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

David Cronenberg entre deux voitures accessoires sur le tournage de Crash. David Cronenberg entre deux voitures accessoires sur le tournage de Crash. David Cronenberg entre deux voitures accessoires sur le tournage de Crash.
Crash
1996

Le réalisateur David Cronenberg sur un site
 
Photographe: Jonathan Wenk
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Vaughan (Elias Koteas) caresse une voiture avant de recréer l'accident de voiture qui a tué James Dean. Vaughan (Elias Koteas) caresse une voiture avant de recréer l'accident de voiture qui a tué James Dean.
Crash
1996

Elias Koteas en Vaughan
 
Photographe: Jonathan Wenk
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Gabrielle (Patricia Arquette) devient sexuellement excitée dans une concession automobile dans une scène de Crash. Gabrielle (Patricia Arquette) devient sexuellement excitée dans une concession automobile dans une scène de Crash.
Crash
1996

Gabrielle (Rosanna Arquette) portant des prothèses renforcées d'acier pour les hanches et les jambes
 
Photographe: Jonathan Wenk
"Crash" paraît ici avec l'autorisation de Entertainment One. Autorisé par: Warner Bros Entertainment Inc. Tous droits réservés.

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Crash Chronologie
2013

JEREMY THOMAS
 
Je n’ai pas pensé, quand on a fait Crash, que ça allait être controversé; je n’y ai pas pensé un instant. J’étais littéralement sous le choc; j’étais choqué, franchement. Ça montre à quel point je suis naïf. Mais j’étais totalement stupéfait quand ça a créé cette sorte de réaction incroyable. Ballard a dit que ça avait été la même chose quand son livre était sorti; je veux dire, la même chose, vous savez, les gens étaient choqués. Et vous savez, en fait, l’idée de l’opportunité sexuelle d’un accident de voiture ça me titillait. Je me suis dit, « C’est une idée très intéressante. » Et je pense que c’est une idée fantastique. Et quand j’ai lu le livre la première fois, je me suis dit, « Ouah, c’est incroyable! » Mais, bien sûr, ce qui est dans le livre n’est pas exactement dans le film. Une partie est dans le film, et une partie a été synthétisée à d’autres endroits du film ce qui n’est pas exactement comme le livre. Mais c’est le génie de son adaptation; de l’adaptation de David. C’était une adaptation tellement géniale, c’est pourquoi Ballard l’aimait autant. Et Ballard était absolument ravi par le film. J.G.; il l’a vraiment adoré; il a vraiment adoré le film. Et l’idée que quelqu’un avait réussi à prendre sa pensée et à la mettre en celluloïd et en film.
 
Tout le monde respecte David Cronenberg. Je veux dire, il sort du lot; il est comme une description; il est un adjectif. Vous savez? Je veux dire, il est une description de quelque chose. « C’est du Cronenberg. » Vous savez ce que c’est. Donc David Cronenberg vous a fait devenir Cronenbergien. Je veux dire- combien de réalisateurs? Hitchcockien. Cronenbergien.
 
Maintenant, en tant que producteur, je suis une sorte d'expert autoproclamé en films. Parce que j’ai vu des milliers de films depuis que je suis tout petit. Et donc, je sais ce que les réalisateurs peuvent faire. Et je connais chaque réalisateur- ce qu’ils peuvent faire. Maintenant Cronenberg, d’une certaine façon, son alchimie c’est de mettre ensemble des images/timeline/ et du son et la lentille de la caméra pour faire ces films spéciaux. Et quand vous regardez ce qu’il choisit…Je veux dire, je regarde et je vois les lentilles qu’il choisit et la façon dont il choisit de suivre ou ne pas suivre ou quoi qu’il fasse, et la musique qu’il choisit, et la façon dont il décide de le faire- c’est son talent caché. Et c’est pourquoi il est si spécial; parce qu’il sait quelque chose; ou il travaille d’une façon que personne d’autre ne fait, qui est sa signature. Ce qui terrifie certaines personnes. Mais bien sûr, pour quelqu’un comme moi et pour de nombreux fans, c'est ce qu’ils trouvent vraiment spécial. Parce qu’il a une personnalité absolument unique. Et je ne crois pas-il n’y a probablement qu’une douzaine de réalisateurs au monde aujourd’hui qui ont ce- peut-être même moins- qui ont- vous pouvez regarder le film sans aucun générique dessus– « C’est du Picasso » ou « C’est un Matisse » ou « C’est du David Hockney ». Avec les peintres, vous pouvez le faire peut -être aussi un petit peu en littérature; surtout les tableaux. Vous pouvez regarder des peintres et vous regardez le- et vous dites, « C’est un peintre ». Vous n’avez pas besoin de la signature : « Je sais qui est ce peintre. C’est Dali ». Et vous avez raison. Avec les réalisateurs, c’est impossible. C’est très difficile. Je veux dire, je ne pense pas que vous pouvez aller voir Spielberg et dire, « C’est un film de Spielberg ». Pouvez-vous relier ce film à ce film? Je ne crois pas que vous le puissiez. Avec Cronenberg, avec 90 % de ses films, vous pouvez les regarder sans générique et dire qu’ils sont ses films. Donc c’est ce qui le rend unique.
 
Copyright & Credit: © TIFF

 
 
 
 
Chapitre 3
Qui sont mes amis?
C’est quoi ma famille?

L’étape la plus récente dans le cinéma de Cronenberg est l’ouverture du réalisateur vers l’extérieur. Famille, amis et société sont les soucis clés. Le personnage éponyme de Spider, avec lequel Cronenberg s’identifie intimement, est affecté par un trauma passé dans sa tentative de donner un sens au monde dans lequel il habite.

Dans Une histoire de violence et Promesses de l’ombre, les protagonistes super-héroïques préservent l’ordre de la famille et de la société en accédant à leurs propres passés sombres et antisociaux.

Dans Une méthode dangereuse et Cosmopolis, Cronenberg force les fondateurs de la psychanalyse et un capitaliste hermétique à lutter avec ce qui est en dehors de leurs mondes, respectivement, la théorie et l’argent.

Pendant cette période, nous voyons aussi Cronenberg révéler sa propre anxiété concernant l’identité artistique et la mortalité dans les courts-métrages évocateurs Camera et Le suicide du dernier Juif du monde dans le dernier cinéma du monde.

L
Films
Choisir un film pour en savoir plus
Spider
2002
Image de fond, chapitre 3
particules 1 particules 2
Spider explore le mental d'un homme atteint de troubles mentaux (Ralph Fiennes). Spider explore le mental d'un homme atteint de troubles mentaux (Ralph Fiennes).
Spider
2002

Écrit par Patrick McGrath et inspiré de son roman, Spider est un film calme et sous-estimé pour lequel Cronenberg a remporté le Prix Génie du meilleur réalisateur. Le film est raconté d’après la vision faussée de Dennis “Spider” Cleg (Ralph Fiennes), un patient externe souffrant de troubles mentaux, qui habite un foyer de transition dans les faubourgs londoniens, non loin des lieux de son enfance. Il se replonge dans les années 1950, regardant son père (Gabriel Byrne) qui tue sa mère (Miranda Richardson) pour la remplacer par sa maîtresse Yvonne (également jouée par Richardson). Les critiques y voient l’influence de Samuel Beckett. Bien que le film se déroule dans un cadre domestique, avec un contexte psychologique plus explicite qui sera poursuivi dans les films suivants, son intérêt en la dualité, la sexualité, la violence et les réalités alternatives le lie aux films précédents. Cronenberg recevra le titre honorifique de l’Ordre du Canada l’année de la sortie de Spider.
 
Photographe: Takashi Seida
images/timeline/ paraissent ici avec l'autorisation de Prospero Pictures, Entertainment One et Sony Pictures Classics Inc.

Le propriétaire d'un café restaurant de province, Tom Stall (Viggo Mortensen), est provoqué par le gangster Carl Fogarty (Ed Harris). Le propriétaire d'un café restaurant de province, Tom Stall (Viggo Mortensen), est provoqué par le gangster Carl Fogarty (Ed Harris).
Une histoire de violence
2005

La production hollywoodienne la plus osée de Cronenberg à ce jour, Une histoire de violence est une allégorie percutante de la vie américaine contemporaine et de sa politique. Viggo Mortensen est Tom Stall, un citoyen modèle d’une petite ville de l’Indiana, qui a deux enfants et une femme avocate (Maria Bello). Après une tentative de hold-up par deux hommes dans son restaurant où il les tue, rapidement et brutalement (devenant alors un héros local et une célébrité médiatique), Stall est confronté par un étranger, Carl Fogarty (Ed Harris), qui lui demande d’admettre un passé de tueur à gages insensible. Dans Une histoire de violence, Cronenberg fouille le conflit entre le moi et le collectif : la capacité du soi-disant superman à fonctionner socialement, en devant cacher son identité. AUne histoire de v History of Violence et sa suite, Promesses de l’ombre, qui met aussi en vedette Mortensen, voient Cronenberg travailler explicitement dans le cadre traditionnel du film noir.
 
Photographe: Takashi Seida
Autorisé par: Warner Bros. Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Nikolai Luzhin (Viggo Mortensen) et Anna Khitrova (Naomi Watts) échangent des regards méfiants dans Promesses de l'ombre. Nikolai Luzhin (Viggo Mortensen) et Anna Khitrova (Naomi Watts) échangent des regards méfiants dans Promesses de l'ombre.
Promesses de l’ombre
2007

Le film remporte le Prix du public au Festival international du film de Toronto. Cette seconde collaboration de Cronenberg avec l’acteur Viggo Mortensen concerne les activités de la mafia russe dans le Londres contemporain. Mortensen est Nikolai, le chauffeur de Semyon (Armin Mueller-Stahl), le patron du restaurant où se rend la sage-femme Anna (Naomi Watts) après avoir trouvé une carte dans les affaires d’une jeune fille de 14 ans morte en couches. Utilisant Nikolai pour la guider dans le monde occulte dérangeant de Semyon, Anna découvre que la fille avait été droguée, abusée et forcée à la prostitution par Semyon et son fils sadique (Vincent Cassel). Comme Une histoire de violence, Promesses de l’ombre examine les idées du bien et du mal à travers un antihéros confus joué par Mortensen, déchiré entre un comportement vertueux et un comportement violent, et utilisant en fait son mauvais côté pour aider la justice. Mortensen fut nommé pour l’Oscar du meilleur acteur.
 
Photographe: Peter Mountain
Avec l'autorisation de Universal Studios Licensing LLC

Le psychologue Carl Jung (Michael Fassbender) consulte son mentor, Sigmund Freud (Viggo Mortenson), dans Une méthode dangereuse. Le psychologue Carl Jung (Michael Fassbender) consulte son mentor, Sigmund Freud (Viggo Mortenson), dans Une méthode dangereuse.
Une méthode dangereuse
2011

Une méthode dangereuse est la reconnaissance explicite de Cronenberg de l’influence de la psychologie et de la psychanalyse sur son œuvre. Écrit par Christopher Hampton et inspiré de sa pièce, Une méthode dangereuse est le récit romancé de l’influence de Sabina Spielrein (Keira Knightley) sur la carrière de Carl Jung (Michael Fassbender). La relation de Spielrein avec Jung commence lorsqu’il la soigne pour hystérie; en dépit du mariage de Jung, ils deviennent amants, et Spielrein ouvre son propre cabinet de psychiatrie, au moment même où Jung se sépare de son mentor Sigmund Freud (Viggo Mortensen). Une méthode dangereuse présente deux triangles amoureux – Spielrein, Jung et sa femme, et Spielrein, Jung et Freud – le dernier concernant autant les idées que le sexe, avec les trois personnages finissant par se séparer. La question centrale du film – l’exploration psychologique est-elle une simple façon de définir le moi ou, comme Jung le prétend, de le changer? – est présente dans la majeure partie de l’œuvre de Cronenberg.
 
Photographe: Liam Daniel
© Recorded Picture Company, 2011
UNE METHODE DANGEREUSE paraît ici avec l'autorisation de Prospero Pictures, Entertainment One et Sony Pictures Classics

Inquiétude du millionnaire de 28 ans, Eric Paker (Robert Pattinson), dans une scène de Cosmopolis. Inquiétude du millionnaire de 28 ans, Eric Paker (Robert Pattinson), dans une scène de Cosmopolis.
Cosmopolis
2012

Adapté du roman éponyme de Don DeLillo, Cosmopolis suit Eric Packer (Robert Pattison), un gérant d’actifs milliardaire qui se rend chez son coiffeur à Manhattan dans sa limousine personnalisée. Il se retrouve coincé entre un convoi présidentiel, une gigantesque manifestation anti-entreprises, et l’enterrement d’une star du rap. En cours de route, Packer rencontre des amoureux, des conseillers, des médecins et sa femme. Ils le regardent perdre sa fortune, s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville et dans ses obsessions, et se révéler comme un homme opposé à sa propre humanité. Cosmopolis est sans doute le film de Cronenberg le plus politisé – sa description des manifestations suggère de façon prémonitoire le mouvement Occuper Wall Street qui eut lieu après la réalisation du film. Il atteste également de l’intérêt continu et de l’exploration de Cronenberg des technologies numériques.
 
Photographe: Caitlin Cronenberg
Avec l'autorisation de Prospero Pictures

Prix et Reconnaissance
Distinctions honorifiques nationales et internationales
1990
Reçoit les insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres (France)
1999
Reçoit le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène pour l’ensemble de ses réalisations artistiques au cinéma
1999
Intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes
2002
Nommé Officier de l’Ordre du Canada
2009
Reçoit la Légion d'honneur (France)
2012
Reçoit la Médaille du Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II
Oscars
1987
Stephan Dupuis et Chris Walas remportent l’Oscar du Meilleur maquillage pour La mouche
2006
William Hurt est nominé pour l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour Une histoire de violence..
2006
Josh Olson est nominé pour l’Oscar du Meilleur scénario adapté pour Une histoire de violence..
2008
Viggo Mortensen est nominé pour l’Oscar du Meilleur acteur dans un premier rôle pour Promesses de l’ombre.
Prix canadiens
Cronenberg a lui-même reçu dix-sept nominations pour le prix Génie, en a gagné neuf, incluant le prix du Meilleur réalisateur pour Videodrome (1984), Alter ego (1989), Le festin nu (1992), Crash (1996), Spider (2002); le prix du Meilleur film pour Alter ego (1989), Le festin nu (1992); le prix du Meilleur scénario adapté pour Alter ego (1989) et il remporte la Bobine d’Or pour Crash (1996). Collectivement, ses films ont été nominés 85 fois pour le prix Génie et en ont remporté 40.
L’Association des critiques de films de Toronto a nommé Cronenberg le Meilleur réalisateur canadien pour Une histoire de violence (2005).
Cronenberg a gagné le prix de la Guilde canadienne des réalisateurs quatre fois : Spider (2003), Une histoire de violence (2006), Promesses de l’ombre (2008) et Une méthode dangereuse (2012).
Autres prix internationaux
Collectivement, les films de Cronenberg ont obtenu six nominations pour les Golden Globes, incluant Meilleur film dramatique pour Une histoire de violence (2006), Promesses de l’ombre (2008); Meilleure actrice dans un film dramatique, Maria Bello dans Une historie de violence (2006); Meilleur acteur dans un film dramatique, Viggo Mortensen dans Promesses de l’ombre (2006); Meilleure musique de film, Promesses de l’ombre (2008); et Meilleur acteur dans un second rôle, Viggo Mortensen dans Une méthode dangereuse (2012).
La BAFTA a nominé Une histoire de violence (2006) et Promesses de l’ombre (2008) dans diverses catégories.
Une histoire de violence (2006) et Promesses de l’ombre (2008) ont été nominés pour le César français du Meilleur film étranger.
Prix et Reconnaissance des Festivals
Le TIFF lui remet le Prix du public pour Promesses de l’ombre (2007) et le • prix du Meilleur long-métrage canadien pour Spider (2002).
Les films Crash (1996), Spider (2002), Une histoire de violence (2005) et Cosmopolis (2012) de Cronenberg ont tous été dans la course pour la Palme d’Or à Cannes.
(1996) Crash le Prix spécial du jury au Festival de Cannes
(1999) Cronenberg est président du jury au Festival de Cannes
(2006) Cronenberg reçoit le Carrosse d'Or, prix qui récompense l’ensemble de sa carrière, au Festival de Cannes.
 
(1999) eXistenZ reçoit un Ours d’Argent pour le Prix de la contribution artistique exceptionnelle au Festival du film international de Berlin. Avant cela, Cronenberg avait été en compétition pour recevoir un Ours d’Argent pour le Prix du meilleur réalisateur pour Le festin nu en 1992.
(2011) Une méthode dangereuse est choisi pour être en compétition pour le Lion d’Or au Festival du film de Venise.
Les films Frissons (1975), Rage (1977), La clinique de la terreur (1979) et Spider (2002) de Cronenberg gagnent tous des prix prestigieux au Festival du film de Sitges.
Cronenberg a reçu six prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz, incluant le Prix de la critique pour La zone neutre (1983), le Prix spécial du jury pour La mouche (1986) et le Grand Prix pour Alter ego (1988).